Lettre à un ami 

 

 

 

De C. à B

 

 

Paris le 12 janvier 2013

 

Mon très cher frère B., mon ami B.

Il est très difficile de trouver un en-tête satisfaisant qui, à la fois caractérise notre relation maçonnique et notre amitié qui va je le pense au-delà.

C’est pour cela que tu es mon frère autant que mon ami, ceci renforçant l’un et l’autre et je vais donc m’adresser autant à mon ami qu’à mon frère sans artifice et sans leurres.

 

                                                         

Notre chemin maçonnique est parsemé d’embuches et tu sais comme moi que celles-ci grossissent en même temps que notre parcours nous faisant intellectuellement douter ce qui est bénéfique pour l’esprit.

En effet, un Maçon doute et c’est comme cela qu’il avance sur un chemin « montant, malaisé, rocailleux ». Lors de nos tenues, nous sommes supposés « laisser nos métaux à la porte du temple », ce qui signifie entre autre chose, se délaisser de notre orgueil, de notre ego. Nous sommes tous narcissiques à des degrés plus ou moins élevés, mais je sais que pour moi le problème est important car j’ai toujours eu beaucoup de mal à supporter l’échec, et celui-ci au bout de quelque temps m’occasionne une tristesse dont j’ai du mal à me défaire.

Pourquoi ? Car cela me remets en question et je redécouvre alors que je ne suis pas l’homme brillant que j’aurais voulu être.

Le moral souffre et je me retrouve étranger face à moi-même en constatant une fois de plus que mes métaux ne m’ont pas quitté. Mais, le monde maçonnique accompagne immanquablement celui des hommes et dès lors, le maçon redevient l’homme qu’il a toujours été ne sachant s’affranchir de cette enveloppe humaine qu’il va garder envers et contre tout. J’allais dire tant mieux, car la dualité du monde permets au corpus de rester ce qu’il est et à l’esprit d’avancer.

 

                                                

La maçonnerie n’a pas pour simple but comme souvent je l’entends, de tendre à nous rendre parfaits, de faire de nous des hommes à part, rayonnant sur le monde comme je ne sais quel esprit chevaleresque ; elle a pour but de nous faire comprendre que pour progresser il faut accepter de remettre encore et encore du fil sur le métier à tisser.

Alors bien sûr, je suis incapable de donner quelque leçon de maçonnerie, prenant mon exemple comme celui devant être suivi, « pauvre de moi », mais je suis sûr B. que tu comprends ce je veux te dire ; et ce qui à travers cette lettre exorcise quelques vices de ma vie de Maçon.

 

                                                                    

Nous sommes forts j’en suis sûr, et une des solutions pour compenser l’échec serait de nous consacrer à une activité ou l’on est sûr de ne pas être « bannis » ou bien alors de  fuir, résistance passive mais combien facile à court terme.

Car en fait, le temps passant, la blessure est là, redevient pressante et ce temps qui passe ne l’atténue pas, bien au contraire.

Dans notre vie professionnelle, toi comme moi avons dus avoir des échecs cuisants, et notre façon de s’en sortir à appartenu à notre inconscient qui tout d’un coup est devenu ego passant du secret à l’ouvert. Il en est de même dans tout constat d’échec, surtout quand celui-ci est entaché par une lâche injustice. Nous retrouvons en maçonnerie les hommes comme je le disais plus haut, avec leurs vices et leurs vertus. Il faut malheureusement en passer par là.

Nous autres maçons avons cet avantage de considérer que le négatif à la même masse que le positif et pourtant la balance penche du côté positif, comment expliquer cela si ce n’est par notre propension à vouloir comprendre.

Mon cher ami, nous avançons et comprenons ensemble petit à petit la leçon maçonnique. Nous lui sommes redevables et souvent incapable de lui rendre ce qu’elle nous a donné.

Je fais un vœux, c’est que cette lettre te pousse à la réflexion comme elle m’a poussé moi aussi à cette réflexion indispensable que n’aurais pas renié Socrate : « Connais toi etc…etc.. »

 

Reçoit ma fraternelle affection.

 

 

C. le 12 janvier 2013

 

                                                            

 

2013©Ainsi va la vie-Tous droits réservés

Sujet: Lettre à un ami ?

Aucun message nʼ a été trouvé.

Nouvel avis